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18 mars 20267 min de lecture

Acheter un logiciel scolaire en FWB : ce que la loi permet vraiment

Le terme « marché public » paralyse beaucoup d'écoles. Pourtant, un logiciel à quelques centaines d'euros par an relève d'un régime simplifié. On vous explique.

On va être honnêtes : le mot « marché public » fait peur. Dès qu'il est prononcé en réunion de direction, tout le monde se fige. On imagine des cahiers des charges de 40 pages, des mois de procédure, la plateforme e-Procurement. Et au final, on reste avec l'outil qu'on a · même s'il ne convient plus.

C'est un frein qu'on entend régulièrement quand on parle aux écoles. Et à chaque fois, le constat est le même : la procédure imaginée est dix fois plus lourde que la procédure réelle.

Un logiciel scolaire à quelques centaines d'euros par an, ce n'est pas un chantier de rénovation. La loi le sait. Et elle a prévu un cadre pour ça.

Le marché de faible montant · le truc que personne ne connaît

La loi du 17 juin 2016 prévoit un régime simplifié pour tout achat sous 30 000 € HTVA. Ça s'appelle le marché de faible montant (article 92). Un logiciel à 590 €/an ? Largement en dessous. Même un contrat réseau pour 10 écoles à 490 €/an (4 900 €/an au total) passe sans problème.

Et les obligations, dans ce cas ? Elles sont trois.

Ce qu'il faut faire

Consulter le marché. Concrètement : regarder ce qui existe. Trois sites web, trois emails envoyés, trois devis reçus. C'est tout. Pas besoin de lancer un appel d'offres formel · la loi dit « si possible, consulter plusieurs opérateurs économiques ». En 30 minutes, c'est réglé.

Garder une trace. Captures d'écran des pages tarifs, emails envoyés, devis reçus. Un dossier papier ou numérique, au cas où quelqu'un pose la question un jour. Pour un achat de 600 €, personne ne viendra vous auditer. Mais mieux vaut être carré.

Respecter les principes de base. Ne pas favoriser un fournisseur sans raison. Comparer honnêtement. C'est du bon sens, pas de la bureaucratie.

Ce qu'il ne faut PAS faire (mais que tout le monde croit obligatoire)

C'est là que ça devient intéressant. Pour un marché de faible montant :

  • Pas de cahier des charges. Un descriptif de besoin en 5 lignes suffit.
  • Pas de publication sur e-Procurement. Zéro publicité obligatoire.
  • Pas de délai minimum. Vous pouvez décider en une semaine.
  • Pas de dépôt d'offres formelles. Un tarif affiché sur un site web fait l'affaire.

Le marché se conclut par simple facture acceptée. C'est la loi qui le dit, article 92. Pas notre interprétation.

En vrai, ça ressemble à quoi ?

Votre école de 400 élèves cherche un logiciel pour les bulletins et les cotes. Budget : environ 600 €/an. Voici ce que ça donne.

Lundi matin · 30 minutes

Vous écrivez cinq lignes : « On cherche un logiciel pour les bulletins, les cotes, la communication parents, le conseil de classe. Compatible ProEco, conforme RGPD. Budget max 1 000 €/an. »

Vous visitez trois sites. Vous notez les prix. Vous envoyez un email à celui qui vous plaît le plus.

Mardi · un devis arrive

Vous comparez. Prix, fonctionnalités, support. Vous rédigez trois phrases qui expliquent votre choix.

Mercredi · c'est signé

Le fournisseur envoie une facture. Vous l'acceptez. Le marché est conclu.

Pas de contrat obligatoire (la facture suffit). Pas de cautionnement. Pas de publication de l'attribution. Pas de délai d'attente obligatoire entre la décision et la signature.

Et après ?

Vous archivez : le descriptif, les traces de consultation, votre note de motivation, la facture. C'est tout. En septembre, l'outil est déployé.

« Oui mais mon PO exige trois appels d'offres... »

C'est possible. Certains PO ont des règles internes plus strictes que la loi. C'est leur droit. Mais même dans ce cas, trois emails à trois fournisseurs suffisent généralement.

La distinction importante : c'est une règle interne, pas une obligation légale. Et si votre PO bloque un achat de 600 € avec les mêmes formalités qu'un marché de 50 000 €, c'est un problème de proportionnalité · pas un problème de loi.

« Et si c'est un abonnement qui se renouvelle ? »

Bonne question. Pour un abonnement à durée indéterminée, le montant estimé = valeur mensuelle × 48. Pour 50 €/mois, ça fait 2 400 €. Toujours sous les 30 000 €. Très largement.

Pour un engagement annuel (septembre à août), c'est encore plus simple : le montant estimé = le total de l'engagement. 590 € pour l'année scolaire.

Le vrai obstacle, c'est la perception

Quand un directeur réalise qu'un logiciel à 590 €/an s'achète sur simple facture, après une consultation de 30 minutes, sans e-Procurement, sans cahier des charges, sans délai d'attente · la question change.

Ce n'est plus « est-ce qu'on peut changer d'outil ? »

C'est « pourquoi on n'a pas changé plus tôt ? »

Les vraies questions sont ailleurs : est-ce que l'outil fonctionne ? Est-ce qu'il se connecte à ProEco ? Est-ce que les profs vont l'adopter ? Est-ce que les données sont en Europe ? Est-ce que quelqu'un décroche quand on appelle ?

C'est là-dessus que le choix doit se faire. Pas sur la peur d'une procédure qui, dans les faits, tient sur une demi-page.

À lire aussi : Préparer son conseil de classe : la checklist du titulaire · Voir nos tarifs

Les textes, pour ceux qui vérifient

  • Loi du 17 juin 2016 · articles 16 et 92 (marchés de faible montant)
  • Arrêté royal du 18 avril 2017 · articles 7 (estimation) et 124 (consultation)
  • SPF BOSA · fiche « Marchés publics de faible montant »

Cet article a été rédigé à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique.

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